Pour un radioamateurisme authentique et moderne

expéditions

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 7

Le Nunavut (signifiant « notre terre ») est un territoire fédéral du Nord du Canada, bordé au sud par le Manitoba et à l’ouest par les Territoires du Nord-Ouest.

Le Nunavut fut administrativement séparé des Territoires du Nord-Ouest pour devenir un territoire autonome le 1er avril 1999, par la Loi sur le Nunavut, ainsi que par la Loi concernant l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, bien que les frontières aient été établies dès 1993. Il s’agit du 3e territoire canadien par ordre de création, avec une superficie de 2 093 190 km, il est la plus grande entité territoriale du pays mais aussi une des moins peuplées, avec une population de 35 994 habitants en 2016. Sa capitale est Iqaluit. Ce territoire est traditionnellement habité par le peuple autochtone des Inuits.

Si Bruno renouvelait aujourd’hui en 2019 son expédition de 1989, son indicatif ne serait donc plus VE8/FD1JYD ou VE8VC mais deviendrait VY0/F5JYD ou VY0VC.

Car de plus, les radioamateurs qui étaient autorisés en décamétrique en 1989 ont vu leur préfixe FD1 changer en 1993 pour devenir F5, et les préfixes FC1, non autorisés en décamétrique à cette période, rester en F1.

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 6

Carnet de route.

C’est le départ pour KCI il fait 5°C avec beaucoup de vent du nord, et même pas une bouteille de whisky l’alcool est rigoureusement interdit ici. En moins de deux cent mètres l’avion décolle, on se demande comment ? Sur KCI de la boue des cailloux et encore de la boue de la boue. On se sert du « Peak 1 » bien connu des initiés.

Repas du 14 juillet : velouté d’asperges paella avec du thon café avec gâteaux secs aux brisures de chocolat coca cola pain de mie.

Deuxième jour sans avion de ligne ils sont bloqués à Iqualuit la météo est trop mauvaise trop de brouillard. Nous sommes très bien accueillis. Le mauvais temps et surtout l’humidité. Temps magnifique, il n’y a pas de vent incroyable ! Température 2°C il fait un vent terrible.

Nous étudions avec les garde-côtes et Wayne le meilleur point de passage. Wayne nous trouve sympas, il nous préfère à Stéphane Peyron, il arrive mieux à parler avec nous qu’avec Jean Louis Etienne un peu trop sur sa planète. D’après lui nous serons les premiers à aller au Pôle Nord Magnétique depuis Maurice Uguen en 1985.

La neige a cessé de tomber le vent redouble de violence. La toilette se fait rapidement l’eau est trop froide. Le repas sera avalé avec goinfrerie, du beef, du beef, du pain de mie. Atterissage sur une piste digne du Paris Dakar avec le Boeing 737 le pilote dut s’y reprendre en deux fois, au premier passage il voulut se poser sur la route. La mer est entièrement gelée le vent redouble nous avons du mal à progresser. Mal dormi, trop froid dans le sac

Epilogue.

Les Inuits de nos jours se sont occidentalisés à outrance, ils vivent dans des maisons surchauffées avec tout le confort du continent nord-américain subventionné par le gouvernement canadien. Si le chien de traîneau est toujours présent il a été remplacé par le skidoo tout comme l’igloo que l’on ne rencontre que sur les photos.

Coté radio, pratiquement 4.000 qso dans le log et 112 entités DXCC presque exclusivement sur 15 et 20 mètres avec des conditions de trafic modestes et puissance QRP.

Des souvenirs inoubliables ! Les expéditions on les aime aussi pour cela.

Bruno FILIPPI FD1JYD (devenu ensuite F5JYD)

à suivre

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 5

C’est le 13 juillet que la première tentative pour atteindre le PNM fut lancée la météo était favorable mais le créneau relativement court dans le temps. Equipé de façon légère une vingtaine de kilos sur les épaules nous nous élancions cap au sud, la banquise était parfaite, la boussole totalement inutilisable ici, nous naviguions au sextant électronique version pédestre sur SAT NAV utilisé sur les bateaux et avions arctiques. C’est à une vingtaine de kilomètres du but que le 14 juillet nous dûmes déchanter, la banquise qui s’offrait à nous devenait de plus en plus entrecoupée par les eaux et toutes progressions devenaient  difficiles et dangereuses. Nous étions alors en 77°34’N et 102°40’W et c’est de cette position sur la banquise que furent réalisés prés de 500 QSO en ce jour du bicentenaire de la révolution française, le 14 juillet 1989, entre 18 et 21 H GMT sur les 15 et 20 mètres.

Le retour sur KCI se fit rapidement, pressés par une météo changeante, avec beaucoup de regrets de n’avoir pu atteindre le PNM en ce jour anniversaire. Les 16 et 17 juillet une nouvelle tentative avec un itinéraire plus à l’est fut également vouée à l’échec pour les mêmes raisons de banquise trop aléatoire par endroit : trop d’eau et pas assez de glace solide praticable.

Le Pôle Nord Magnétique serait pour une autre fois !

à suivre

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 4

C’est avec plus de 150 Kg d’équipement, de vivres et de matériels radio que le petit bimoteur De Haviland de Kenn Borek Air nous emmena sur King Christian Island (77°48’N 101°40’W), deuxième étape de l’expédition.

KCI, avec son ancienne piste d’atterrissage en terre battue, vestige de l’exploration pétrolifère, son relief désertique quasiment plat et caillouteux et ses plages de sable fin, est un véritable paradis pour les phoques et autres animaux de la banquise, mais pour nous humains c’est le désert apocalyptique total.

Tant bien que mal, notre campement de base fût installé après avoir trouvé un emplacement stable et abrité naturellement. Tout le matériel avait bien supporté le voyage, les choix techniques se révélaient être judicieux et à la mesure de l’investissement. Coté radio, NA43 fut sur l’air et le premier QSO fut DJ7YE Bert de RFA sur 20 mètres à 17H18 GMT le 2 juillet …

La station était composé d’un IC735 de chez ICOM utilisé à puissance réduite afin d’économiser l’énergie disponible une série d’accus cadium nickel résistants aux basses températures, des panneaux solaires fournissant l’énergie électrique très efficaces les jours ensoleillés, peu par grand brouillard. Côté aérien, une verticale tribande de fabrication US. Coté propagation elle fut excellente avec des pile-up mémorables sur les USA et l’Europe, peu avec l’Asie et surtout trois formidables QSO « arctique antarctique » depuis Dumont d’Urville  avec FT4YC.

à suivre

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 3

GO to RESOLUTE Bay. L’endroit où il n’y a pas d’aube.

Vous n’êtes pas au bout du monde mais d’ici vous pouvez le voir.

Située sur la côte sud de  l’île Cornwallis (IOTA NA-09) en 74°42’N et 94°50’W, Resolute Bay doit son nom au H.M.S Resolute, l’un des vaisseaux de l’expédition partie à la recherche de Franklin sous le commandement du capitaine H.T Austin.

Base arctique pour les excursions ou expéditions dans les îles ou vers les pôles, elle est un lieu de passage quasi obligé grâce à la logistique que l’on peut trouver sur place. Les installations de son aéroport et ses services de météo et de communications satellitaires confèrent à Resolute une place de leader dans l’exploration de l’arctique canadien.

Ce fut donc de Resolute Bay (IOTA NA09) que les premiers CQ de VE8/FD1JYD furent lancés  dans un petit shack en bois de 2m² situé à une centaine de mètres du bureau de poste locale. La propagation est bonne sur 15 et 20 mètres avec les cinq continents, les bandes basses inexploitables en cette période de l’année, le 10 mètre étant ouvert de façon très sporadique, les bandes métriques n’ayant pas étaient activées. L’accueil ici fut formidable les coast-guards canadiens, Wayne le boss de la météo ainsi que Terry et Bezal de la High Arctic International se mirent en quatre pour nous aider dans la logistique de l’opération VE8VC.

à suivre

 

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 2

Point moyen du PNM

Le pôle nord magnétique (« PNM ») que beaucoup confondent avec le pôle géographique se trouve dans l’immensité arctique canadienne, plus précisément dans les territoires du Nord Ouest appelé aujourd’hui Nunavut (notre terre) Sa position exacte est assez mal définie puisque sans cesse en mouvement autour d’un point moyen. Il faut réaliser que la position du pôle magnétique pour une année donnée est une position moyenne qui varie quotidiennement. Lorsque le champ magnétique est actif il peut se déplacer de plus de 80 Km sur une trajectoire ovale (elliptique) bien définie. La variation quotidienne  du PNM et sa variation séculaire ont des causes très différentes liées à l’activité solaire et aux particules chargées qu’il émet et qui interagissent avec le champ magnétique terrestre.

Il était en 1831 lors de sa première détermination par l’Anglais James Clark Ross en 70° 53’N et 97° 46’W approximativement. Quelques 70 ans plus tard le second visiteur du pôle magnétique sera l’explorateur Norvégien Roald Amundsen qui en déterminera son emplacement en 70°31’N et 96°34’W  (avril 1904). En  1989 son point moyen calculé le situe en 77°24’N et 103°W au sud de King Christian Island (« KCI ») en pleine zone marine prise par les glaces une grosse partie de l’année.

Année Observateurs Position (année)
1947 Serson et Clark 73.9° N, 100.9° W (1948.0)
1962 Loomer et Dawson 75.1° N, 100.8 °W (1962.5)
1973 Niblett et Charbonu 76.0° N, 100.6° W (1973.5)
1984 Newitt et Niblett 77.0° N, 102.3° W (1983.9)
1994 Newitt et Barton 78.3 °N, 104.0° W (1994.0)
1999, 2001 Newitt, McKee, Mandea, Orgeval 81.3° N, 110.8° W (2001.0

à suivre

 

VE8VC par FD1JYD en juillet 1989, épisode 1

Expédition vers le Pôle Nord Magnétique et King Christian Island

Trajet typique du PNM une journée où le champ magnétique est actif

On rencontre sur les cartes géographiques canadiennes un élément qui ne figure sur aucune autre carte nationale : le Pôle Nord Magnétique (PNM).

C’est vers ce pôle qu’une boussole oriente un voyageur quel que soit son point de départ.

Dès aout 1988 dans l’avion qui me ramenait de Québec après un long séjour au Canada l’envie d’y repartir se fit ressentir. De plus pour nous Français l’année 1989 synonyme du bicentenaire de la révolution avait un goût de « spécial », un goût de grand coup où il fallait combiner voyage radio et exploit. Rapidement deux projets se dessinèrent, un dans la région du Saguenay avec pour toile de fond les baleines et bélougas, l’autre dans l’arctique canadien et ses grands espaces difficilement accessibles. Le second projet prit rapidement le dessus et une opération expédition vers le Pôle Nord Magnétique fut envisagée. Beaucoup de travail d’approche, de courriers, d’appels téléphoniques, de littérature arctique, de documentations techniques et même d’entraînement au froid pendant pratiquement 10 mois pour un projet dont le but final était d’émettre depuis le pôle magnétique le 14 juillet 1989.

Livré en vrac voici les quelques pistes principales explorées durant la préparation :

  • Nourriture lyophilisée
  • Equipement grand froid Gore Tex et fibre pôlaire
  • Bivouac tente isolée réchaud au pétrole
  • Transport aérien
  • Licence autorisation droits divers
  • Contacts et conseils F6CIU  High Arctic International à Résolute bay
  • Energie électrique panneaux solaires accu CD NI
  • Equipements électroniques radio navigation localisation vidéo photo
  • Financement sponsoring

Au final en juin nous étions pratiquement « OK » les doutes qui subsistaient étant liés à des éléments événements extérieurs indépendants de notre volonté (dirons-nous).

à suivre

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