Pour un radioamateurisme authentique et moderne

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (12)

Les premiers fils sous-marins ont été employés à New-York. La position de cette immense cité, actuellement de près de 700,000 âmes, est tout à fait exceptionnelle. La principale partie est située a l’est du fleuve Hudson, qui descend du nord ; une espèce d’immense faubourg, appelé la cité Jersey, est à l’ouest et de l’autre côté de l’Hudson ; enfin une troisième partie de cette ville, Brooklyn, est bâtie sur une île au sud-est. Le lit de la rivière est un point de grande activité commerciale au-dessus duquel on ne pouvait point tendre des fils. On fut donc obligé de remonter la rivière à 90 kilomètres de la ville, afin de trouver des rives assez escarpées et assez élevées pour y placer sans inconvénient un fil électrique. Ainsi le détour occasionné par l’obstacle de la rivière était de 180 kilomètres. M. Jones établit que cette difficulté donna naissance à l’établissement d’un télégraphe sous-marin avant qu’il fût adopté en Angleterre ; mais les fils étaient brisés ou perdaient le courant. Enfin la gutta-percha fut employée, et maintenant des lignes sous-marines ou sous-fluviales traversent l’Hudson de New-York à Jersey. De temps à autre, un des fils est enlevé par une ancre ; mais, comme il y en a plusieurs, de distance en distance, il en reste toujours suffisamment pour le service du télégraphe.

Tout le monde sait qu’en août 1850 un simple fil sous-marin fut établi de Douvres à Calais. Quoique l’établissement d’un tel fil ne put être regardé comme une œuvre sérieuse, cependant les dépêches passèrent pendant quelques minutes, et on fut encouragé à former un fil ou plutôt un câble doué d’une plus grande résistance. Ce câble, qui fonctionne maintenant depuis un an et demi, contient quatre fils séparés les uns des autres, revêtus de gutta-percha et entourés d’un mélange de résine et de graisse ; de fortes spirales en fer recouvrent le tout. Ce câble vigoureux pèse à peu près 180,000 kilogrammes, et a presque 40 kilomètres de longueur. Il est juste de remarquer que l’entreprise de M. Brett fut spécialement patronnée par la France, et notamment par l’empereur actuel des Français, sans la protection duquel il est probable que l’Angleterre serait encore séparée du continent. Je n’ai point entendu dire que les distinctions honorifiques soient allées chercher le persévérant M. Brett, le Christophe Colomb de la télégraphie électrique. Cependant le service qu’il a rendu à l’Angleterre est immense : la communication entre Douvres et Calais a rattaché Londres aux lignes de Belgique et de France. On trouve dans les tarifs de la compagnie sous-marine le prix des dépêches pour Bruxelles, Berlin, Hambourg, Dresde, Munich, Venise, Florence, Milan et Paris. Un message de cent mots peut être expédié pour le prix de 125 francs à Lemberg, presque au centre de la Russie d’Europe, en Hongrie ou en Italie. Après les cours de la Bourse de Paris, la première dépêche politique qui fut transmise par la voie sous-marine, et qui parut dans le Times du 14 novembre 1851, était datée de Paris à sept heures du soir du jour précédent, et elle annonçait le rejet de la loi électorale par une majorité de 355 voix contre 348. Comme pour toute œuvre grandiose ; l’étonnement que produit le succès s’affaiblit à mesure que nous nous familiarisons avec les avantages qui en découlent. Les journaux anglais reçoivent maintenant avec la plus grande régularité les nouvelles du continent par la voie sous-marine, et l’on ne peut s’empêcher d’espérer que ces relations sociales contribueront puissamment à répandre les lumières de la civilisation et à consolider la fraternité de tous les peuples.

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (11)

En France comme en Amérique, l’administration, forcée par les exigences du service anglais des Indes, a osé établir des fils électriques sur les routes ordinaires. De Chalon-sur-Saône à Avignon, le télégraphe électrique n’est point renfermé dans l’enceinte d’un chemin de fer. Il en est de même de Poitiers à Angoulême ; seulement les poteaux ont été tenus un peu plus élevés : ils ont de 9 à 10 mètres. Jusqu’ici, aucun dégât n’a été l’ouvrage de la malveillance, et dès que les nouvelles de l’Inde arrivent à Marseille, elles sont immédiatement transmises à Londres.

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (10)

STENOGRAPHIE - CALLIGRAPHIE ECRITURE ET CREATIONL’usage de la sténographie a été rendu nécessaire par le prix considérable des mots transmis. On prend 5 centimes par mot de New-York à Boston, et quatorze fois autant, c’est-à-dire 70 centimes de France, pour chaque mot transmis de Washington à la Nouvelle-Orléans. La presse quotidienne ne pouvait à l’origine insérer plus d’une demi-colonne de nouvelles électriques ; mais, à mesure que la concurrence s’est établie, les prix se sont beaucoup abaissés, et les entrepreneurs de rédaction électrique, travaillant en communauté pour plusieurs journaux, se sont un peu relâchés de leur sévère sténographie. Les commerçans continuent à employer les chiffres ou combinaisons de lettres, qui sont interprétés par une espèce de dictionnaire dont les conventions, changeant à volonté, leur assurent le secret le plus absolu.

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (9)

Si, avec une carte devant les yeux, nous traçons les diverses routes suivies par cette télégraphie électrique, nous trouvons que le télégraphe ne connaît pas les questions de territoire, de pêche, ou de nationalité anglaise ou américaine. Halifax et Saint-Jean sont unis par le télégraphe aussi bien que Montréal et le Bas-Canada avec les rives du lac Champlain, et de là avec New-York et Boston. Enfin, dans les états du nord aussi bien que dans l’Amérique britannique, nous trouvons un réseau des plus compliqués de lignes télégraphiques qui se coupent en tout sens. Sur plusieurs routes et entre les mêmes villes, il y a deux et même trois entreprises rivales. Dans les états du sud, les télégraphes électriques, comme toute autre espèce d’entreprise commerciale, sont moins développés que dans le nord, ce qui n’empêche pas les nouvelles commerciales apportées à New-York par les paquebots de Liverpool d’arriver à la Nouvelle-Orléans en 20 minutes, par une ligne électrique ou plutôt par deux lignes électriques de près de 3,000 kilomètres de long ! C’est encore M. Charles Olliffe qui me fournit cette donnée curieuse. Ces fils, que les Américains du Nord trouvent peu nombreux, traversent néanmoins le Maryland, la Virginie, les deux Carolines, la Géorgie et atteignent le golfe du Mexique. C’est surtout dans les états du centre et de l’ouest que le télégraphe électrique est quelque chose d’étonnant ! non qu’il égale en longueur ceux des états de l’est, mais c’est qu’il contraste étrangement avec l’état à demi civilisé de ces localités, il y a très peu d’années. Non-seulement dans l’Ohio, le Kentucky, le Tennessee et l’Alabama, mais encore plus à l’ouest, où naguère on ne voyait que des Indiens sauvages, chassant aux fourrures, les appareils le plus essentiellement du domaine exclusif de la pensée se rencontrent partout. Les compagnies électriques vendent leur longitude (quelle denrée commerciale !) aux villages qui seront dans quelques années d’immenses cités, car la population américaine, dans ces fertiles vallées, essaime sur place indépendamment de l’émigration qu’elle reçoit d’Europe et ailleurs de Chine. Que dire d’un pays où la ligne électrique de Philadelphie à la Nouvelle-Orléans, d’environ 3,000 kilomètres, est desservie par deux compagnies totalement distinctes ? Quant au total de longueur des fils télégraphiques, on l’évalue de 18,000 à 25,000 kilomètres : c’est plus que la moitié du tour de notre planète Sur ces énormes distances, il faut compter le Canada comme faisant un dixième du total, ce qui ne laisse pas moins pour les États-Unis un développement fabuleux, qui de jour en jour prend encore un rapide accroissement.

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (8)

En passant de l’Angleterre au continent, on trouve que le télégraphe électrique y est encore plus prisé qu’au-delà de la Manche, parce que sa rapidité contraste encore plus avec la lenteur comparative de la poste et des moyens de voyager en Europe, quand on les met en parallèle avec ceux d’Angleterre. Les voitures et les trains de wagons peuvent différer entre eux de vitesse suivant la contrée ; mais la vitesse de l’électricité est la même partout, et, comme la lumière, elle est capable de faire le tour de la terre eu une très petite fraction de seconde.

En France, le gouvernement est à la tête des lignes télégraphiques. Le bureau central du ministère de l’intérieur et celui qui est établi près de la Bourse, correspondent avec les embarcadères de tous les chemins de fer. Ainsi que nous l’avons dit, Paris est déjà en communication électrique avec Dieppe, Calais, le Havre, Nantes, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille et Strasbourg. cette dernière ligne a permis de relier Paris à l’Allemagne et à l’Italie sans passer, comme autrefois, par la Belgique, la Prusse et l’Autriche ; c’est par Bade que se fait la jonction, et à la direction de Strasbourg un télégraphe badois figure à côté du télégraphe français, de même qu’un poste de télégraphie française est placé à Londres dans l’office du Strand, pour le service de la France. M. Sagansan, géographe, à l’administration des postes, vient de publier un petit livret très utile, accompagné d’une carte tenue au courant de toutes les extensions télégraphiques en France et en Europe. Avec ce guide, qui se vend quelques décimes, on a le tableau exact de toute la télégraphie électrique européenne. On racontait dernièrement qu’une dame anglaise était désespérée, parce qu’en allant faire une visite elle avait appris qu’on avait écrit à Florence pour louer dans les environs une villa, un casino, un palazzo qu’elle désirait habiter cet été. Le mari, désespéré du désespoir de sa femme, pense au télégraphe électrique ; il écrit par cette voie à Florence ; il rapporte la nouvelle que la maison de campagne est louée à lui pour la saison prochaine, et que la convention signée va lui être expédiée par une lettre qui ne peut voyager sur les fils électriques. Un auditeur nie le fait, prétendant que le télégraphe électrique ne va pas jusqu’à Florence. Que faire quand on nie un fait ? Se taire ; mais si ce contradicteur lit ces lignes, il pourra prendre le guide de M. Sagansan, et il verra qu’en ajoutant 33 francs 33 centimes au prix d’une dépêche expédiée jusqu’à la frontière belge, ou bien 21 francs 83 cent. au prix de la dépêche de Paris à Strasbourg, il pourra envoyer à Florence par ces deux voies la dépêche ordinaire de vingt mots, et retenir tous les hôtels et toutes les maisons de campagne de Florence et des environs.

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (7)

Nous n’avons encore rien dit du plus intéressant de tous les télégraphes qui ne sont pas à ciel ouvert. À mesure que l’emploi du temps de l’observatoire royal de Greenwich devint général pour régler toutes les heures des stations sur un même point de départ et éviter la confusion périlleuse des heures, on sentit le besoin d’indiquer ce temps avec précision à Londres ; tel est le but du globe élevé dans le Strand. La compagnie du télégraphe électrique et l’astronome royal, M. Airy, se sont concertés pour l’exécution de ce plan. Un fil souterrain part de l’observatoire, traverse le parc de Greenwich, et, après avoir rejoint la station du chemin de fer, il arrive à Londres et à l’office télégraphique, dans le Strand. À L’extrémité supérieure du bâtiment est élevée une tige creuse dont l’intérieur donne passage à un fil électrique. Une grosse boule vide et légère peut se mouvoir haut et bas, monter et descendre de huit à dix pieds verticalement. À une heure moins dix minutes après midi, on la hisse presque au sommet de la tige qui la traverse, et à une heure moins cinq minutes on lui fait atteindre le sommet de ce petit mât. À une heure précise, à la seconde précise, la grande horloge régulatrice de l’observatoire de Greenwich met en mouvement une petite pièce mécanique qui envoie un choc électrique dans le Strand ; ce choc met lui-même en mouvement une autre pièce mécanique qui fait échapper la boule élevée, laquelle se précipite en bas sur un ressort d’air qui en amortit le choc. Comme cette boule volumineuse est à une hauteur de 130 pieds anglais au-dessus de la Tamise, qu’elle a six pieds de diamètre, qu’elle est peinte de couleurs vives et qu’elle parcourt un espace assez considérable, elle peut être aperçue à une grande distance de tous côtés, et tous ceux qui veulent régler leurs montres et leurs horloges peuvent le faire par le moyen de ce signal. De plus, une horloge réglée par l’électricité, de manière à suivre la grande horloge de l’observatoire royal, est illuminée la nuit et donne l’heure par quatre cadrans. Elle a été établie sur un massif carré, en avant de l’office télégraphique du Strand, et elle indique l’heure de Greenwich tout le jour et toute la nuit, c’est ensuite de l’office du Strand, relié ainsi à l’observatoire royal, que parlent les indications qui portent ce temps à toutes les stations. Il n’est pas douteux que plus tard l’heure de Greenwich sera celle de toute l’Angleterre. Cette disposition est regardée comme tellement utile, qu’il est question d’indiquer de même le temps de Greenwich aux capitaines qui s’approchent de la côte anglaise, en arrivant ou en partant, de manière qu’ils puissent régler leurs chronomètres. Par un temps de brouillard, le signal sera un coup de canon tiré électriquement à l’heure précise, et qui sera entendu quand la chute d’une boule ne pourrait pas être aperçue. La nécessité d’éviter les accidents des chemins de fer a déjà fait adopter le temps de Paris pour toute la France. L’Allemagne, si divisée eu petits états, a choisi une ville centrale, sans importance politique, dont l’heure sera adoptée. À ceux de mes lecteurs qui ne seraient point familiers avec ce qu’on appelle les notions de sphère, je répéterai que quand il est midi à Paris, il n’est à Rouen que onze heures cinquante-cinq minutes, en sorte que si l’on conservait les heures locales, un signal envoyé à midi de Paris, et qui franchit l’intervalle en moins d’un cent millième de seconde, arriverait à Rouen à midi moins cinq minutes. Un de nos plus spirituels journalistes me servait un jour d’auxiliaire pour persuader à un entêté bourgeois de Rouen de renoncer à son midi et à ses heures normandes. — Eh bien ! soit, dit-il enfin au compatriote de Guillaume le Conquérant, gardez vos heures ; mais alors la dépêche de Paris partant à midi et arrivant à onze heures cinquante-cinq minutes à Rouen, arrivera chez vous avant d’être partie !

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (6)

Durant les derniers mois de la grande exposition de Londres, on vendait dans l’intérieur du Palais de Cristal des cartes météorologiques à 10 centimes qui faisaient comprendre un des plus utiles emplois du télégraphe électrique. Un télégraphe placé dans le local de l’exposition communiquait avec tout le système télégraphique d’Angleterre. À neuf heures du matin, chaque jour l’état du vent et du temps était transmis à la station centrale de Londres et de là au Palais de Cristal. On avait des cartes tout imprimées, et on y plaçait chaque jour la direction du vent, la hauteur du baromètre, du thermomètre, observée et transmise le jour précédent, à côté du nom de chaque ville qui avait correspondu. On possédait réellement une carte météorologique d’Angleterre pour le matin du jour précédent. « Une fois, dit M. Archer, nous désirâmes connaître l’état actuel de l’atmosphère dans dix-huit villes, pour le comparer à celui de la veille, et en une demi-heure notre curiosité fut satisfaite. »

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (5)

Pilot House Telegraph

Il y a un grand nombre de systèmes brevetés en Angleterre, en Allemagne et en Amérique, qui offrent des analogies avec ceux de Bain et de Morse. Dans le système de House, 150 ou 200 lettres peuvent être imprimées, dit-on, en une minute. Telle est aussi la rapidité étonnante avec laquelle nos employés télégraphiques exercés transmettent et lisent les signaux de Paris à Marseille. Cette rapidité, — a peu près égale à celle des indications d’un sourd-muet qui, promenant une pointe sur un alphabet écrit circulairement, indiquerait à un sien confrère les lettres qui doivent composer un discours, — dépasse de beaucoup l’aptitude ordinaire de rapide conception d’un témoin quelconque, et notamment la mienne.

On affirme que le système dit House peut transmettre plus de lettres par minute qu’aucun autre système ; mais il y a ici, comme pour la méthode accélérée de Bain, qui dépose sur un papier chimique un millier de lettres par minute, une circonstance grave à mentionner : c’est le temps qu’il faut pour préparer la dépêche, ce qui établit une compensation, Je ne puis m’empêcher de remarquer que l’essai fait en France du système de Bain, essai fait par lui-même sur la ligne de Paris à Tours, n’a pas été heureux. Dans le travail ordinaire, on transmet en Amérique 70 à 100 lettres par minute, à peu près comme en France, quoique avec un peu moins de sûreté, parce que les dépêches en chiffres diplomatiques n’admettent pas l’utile contrôle de l’intelligence du lecteur télégraphique. Dans un jour seul de l’été de 1852, la ligne de Bain transmit de Boston à New-York 500 messages, formant plus de 5,000 mots, de nouvelles politiques et commerciales.

Voici maintenant la partie industrielle du système télégraphique.

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (4)

Le télégraphe à aiguilles aimantées est toujours le plus généralement employé en Angleterre. C’est, sinon le plus commode, au moins le plus sensible de tous ; mais c’est aussi celui qui se laisse le plus facilement déranger par les perturbations météorologiques. Les signaux se transmettent par les seules agitations imprimées à deux aiguilles aimantées. Malgré plusieurs perfectionnements, ce système, dit système anglais, est encore à peu près celui que MM. Cooke et Wheatstone mirent en usage, et qu’ils essayèrent même à Paris, sur le chemin de fer de Versailles. En général, la grande compagnie télégraphique anglaise a acquis les brevets de toutes les inventions et de toutes les machines patentées, de manière à les employer concurremment avec le télégraphe à aiguilles.

Il y a eu beaucoup de procès et de plaidoiries en Angleterre à l’occasion des droits établis par les brevets et patentes sur la télégraphie électrique ; mais on peut dire que toutes ces poursuites judiciaires ne sont rien en comparaison de ce qui a eu lieu aux États-Unis, où le système de la télégraphie électrique est développé sur une immense échelle. Les télégraphes le plus en usage dans cette contrée sont ceux de Morse, de Bain et de House, dont le système général consiste à imprimer, graver à la pointe sèche, tracer mécaniquement ou chimiquement des lettres ou des alphabets de convention, en un mot à fournir une dépêche écrite, tandis qu’en France et en Angleterre la dépêche est toujours lue et ne laisse aucune trace. Entre 1837 et 1840, le professeur américain Morse prit sept brevets d’invention. Dans un procès soutenu par ses ayant-cause en 1851, les preuves juridico-scientifiques formaient un volume de plus de 1,000 pages. Le nombre de pages pour les petits procès n’est ordinairement que de 3 à 400 ; mais il s’agissait de télégraphes qui emploient les fils conducteurs par mille et mille kilomètres[1].

Quelques-uns des systèmes de Bain et de Morse sont fondés sur un effet chimique, à peu près suivant le principe indiqué par Sœmmering. Une pointe métallique glisse sur un papier préparé chimiquement, et suivant qu’on envoie ou qu’on supprime le courant, elle y trace des points, des traits allongés, des doubles ou triples points ou des traits simples et doubles qui font un alphabet facile à lire, et on a de plus l’avantage, de conserver écrits les mots ou les dépêches transmis. Ces traits et ces points peuvent aussi signifier les un ils d’un vocabulaire particulier dont les deux seuls correspondrons ont la clé. En France, excepté les dépêches diplomatiques et celles que le courrier de l’Inde, arrivant à Marseille, transmet tout de suite au gouvernement anglais par le câble sous-marin, aucune dépêche secrète ne peut être transmise ; mais on a constaté jusqu’ici que, malgré les graves intérêts d’affaires pécuniaires qui ont été débattus par la voie électrique, aucune infidélité, aucune indiscrétion même n’a pu être reprochée à nos employés français. Plusieurs personnes m’assurent, mais je répugne à le croire, que, malgré les chiffres employés par les Américains, le secret du télégraphe par les américains n’a pas été aussi scrupuleusement respecté que chez nous, et que même, pour retarder une nouvelle politique, on a quelquefois rompu les communications.

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (3)

Il n’y a donc en France que deux systèmes de télégraphes, l’un à cadran et à lettres, l’autre à deux cadrans et à deux aiguilles susceptibles chacune de huit positions. Il n’y a point jusqu’à présent de télégraphes-imprimeurs : s’il m’était permis de me prononcer là-dessus, je pense que notre système actuel sera longtemps suffisant pour l’activité probable des transmissions usuelles, et pour aller plus vite, il serait peut-être plus avantageux d’opérer avec un double système de fils et de cadrans que de pousser un seul appareil à des vitesses qui excluent toute sûreté dans les signaux transmis.

Je ne fais aucun doute que d’ici à peu d’années la France, qui a déjà profité de l’expérience de l’Angleterre et de l’Amérique, aura établi des règles sûres pour guider tous les établissements futurs de télégraphie électrique. Il me semble qu’un bureau consultatif qui serait mis à même de provoquer des recherches expérimentales sur les points embarrassons de la pratique télégraphique servirait beaucoup au perfectionnement ultérieur et à la bonne exécution de tous les procédés actuels, en même temps qu’il aviserait aux moyens de remédier à toutes les causes de perturbations qui peuvent altérer la marche de ces admirables instruments. Pour n’en citer qu’un exemple, comment se fait-il que le monde entier ne soit pas encore fixé sur le mérite relatif du système des fils portés sur des poteaux ou déposés sous terre avec une enveloppe de gutta-percha, et comment ce procédé qui traverse les mers n’a-t-il pas réussi dans la jonction de l’observatoire de Paris à la station centrale du ministère ?

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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (2)

Pile à colonne de Volta (1800) © Musée des arts et métiers, Cnam / Photo Pascal Faligot

Après Volta, qui trouva la pile électrique et son courant, après OErsted, qui découvrit l’action du courant sur l’aiguille aimantée, viennent les travaux de M. Arago, qui reconnut que le courant produisait des aimants très énergiques par son action sur des barreaux de fer doux entourés de fils conducteurs de l’électricité. Une fois en possession de cette énergique action, la télégraphie électrique a tout osé. Elle a fait parcourir à des aiguilles analogues à des aiguilles de montre les divers points d’un cadran où sont écrits les lettres et les chiffres que l’on veut indiquer à son correspondant. Ce que le courant fait à Paris, il le fait à Marseille, et l’indication du cadran de Paris se répète fidèlement à mille, à deux mille, à trois mille kilomètres. Bien plus, comme l’aimant instantané produit dans l’expérience de M. Arago peut être rendu plus ou moins énergique à volonté, on peut développer assez de force pour faire imprimer la lettre que l’on a amenée devant le papier à dépêches, ou bien on peut marquer sur ce papier des points, des traits, des combinaisons de ces deux signes, soit avec de l’encre, soit à la pointe sèche en rayant ou perçant le papier ; en un mot, l’action de l’aimant qui peut tirer, pousser, frapper, presser, etc., doit être considérée comme l’action d’une main que l’on pourrait étendre de Paris à Marseille ou de New-York à la Nouvelle-Orléans, c’est-à-dire à plusieurs mille kilomètres de distance.

On peut facilement imaginer que les premiers principes de Volta, d’OErsted, d’Arago une fois livrés au public, la spéculation industrielle s’en empara, et épuisa tout ce que le génie de l’homme, activé par la beauté du sujet ou par le mobile de l’intérêt, peut inventer de plus ingénieux et de plus utile. Ce serait la matière de plusieurs volumes, que d’essayer de faire connaître, même sommairement, tout ce qui a été fait dans ce genre et tout ce qu’on y ajoute journellement. Dans l’état actuel de la télégraphie électrique, on peut, pour quelques centaines de francs, se procurer le plaisir d’établir dans son domaine, entre deux bâtiments même fort éloignés, deux postes télégraphiques à cadrans avec des sonneries pour avertir qu’on veut correspondre ou transmettre des ordres, ces transmissions se faisant par des indications de lettres et de chiffres ordinaires qui n’offrent aucune difficulté à envoyer ou à recevoir et à lire.

Après les États-Unis, où la télégraphie électrique a dû prendre un prodigieux développement, puisque, cette nation a un continent tout entier pour territoire, c’est en Angleterre, dans un territoire au contraire très peu étendu, que l’activité commerciale a considérablement développé l’emploi du télégraphe électrique. Commençons cependant par la France.

Ce n’est guère que depuis 1850 que notre pays est entré sérieusement dans la voie de la télégraphie électrique. Cette belle branche de la science et de l’industrie y prend aujourd’hui un rapide développement. Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, le Havre, Calais, Dieppe, Toulouse, sont atteints, et de semaine en semaine, d’après le magnifique plan mis en exécution par notre belle administration télégraphique française ; l’année 1853 ne se terminera point sans qu’on ait relié à Paris tous les chefs-lieux des départemens au moins par deux communications électriques. L’École polytechnique, appelée par ses élèves à concourir au perfectionnement de cette télégraphie scientifique, y imitera, comme elle l’a déjà fait dans d’autres services publics, la sève vigoureuse d’une instruction supérieure. Je ne puis oublier les services d’un savant et d’un praticien de premier ordre, M. Bréguet, qui a construit tout le matériel de France et celui de quelques autres états. M. Bréguet a su répondre dans ses constructions à toutes les exigences du service français, qui n’admet rien que de complètement satisfaisant, tandis qu’en Amérique on se contente trop souvent d’approximations éloignées vers la perfection. Dans les nombreuses relations que j’ai pu avoir avec les chefs de corps qui dirigent tous les genres de services publics à l’étranger, j’ai toujours trouvé qu’ils reconnaissent la supériorité de marche et la capacité de nos services et de nos établissements français, et je pense que pour la télégraphie électrique comme pour le reste, rien ne se fait hors de France avec plus de sûreté, de régularité, de probité, ou, en un mot, avec plus d’honneur.

Les signaux transmis en Angleterre par l’agitation d’une ou de deux aiguilles aimantées sont sujets à être troublés par des courants produits par des circonstances météorologiques, des orages, des aurores boréales ou de petites convulsions intérieures de la terre, peut-être même par les brusques variations de la température. En France, on fait exclusivement usage du télégraphe à aiguilles non aimantées et donnant leurs indications sur un cadran portant des lettres. Comme on est obligé de passer sur ces vingt-six lettres ou chiffres pour faire le tour du cadran, on a obtenu une accélération notable en ne mettant que huit indications sur le cadran, en sorte qu’en prenant un double cadran on a huit fois huit, c’est-à-dire soixante-quatre indications, ce qui dépasse tous les besoins de l’alphabet. Comme on opère des deux mains, la rapidité de transmission et de lecture devient très grande dans ce cas, et peut atteindre, dit-on, près de deux cents lettres à la minute ; mais dans l’usage ordinaire et avec la sûreté qu’exige le service français, soixante lettres par minute sont déjà une vitesse de transmission considérable, et c’est plutôt la difficulté de lire que celle d’écrire qui arrête la rapidité des communications, quoique certains employés lecteurs arrivent à une promptitude de perception vraiment inconcevable.

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (1)

Transmis avec la rapidité de la fondre. (VIRGILE.)

La télégraphie électrique a pour but d’envoyer, au moyen des courants électriques, des signaux à de grandes distances. La France semble devoir être le pays le plus favorable aux communications télégraphiques. Les télégraphes aériens de Chappe ont fait jusqu’à nos jours honneur à la France, ainsi que le reconnaît un auteur anglais, et l’usage de ces appareils n’est point encore abandonné ; ils ne redoutent que les temps de brouillard, qui interceptent la vision des flèches mobiles qu’ils emploient. Quoique la rapidité de transmission des dépêches par cette voie parût, vers la fin du siècle dernier, tout à fait admirable, elle n’est rien, comparée à la vitesse de l’électricité sur les fils conducteurs, car on sait par des expériences précises, et dont l’initiative est due à M. Wheatstone, que le courant électrique, en une seconde de temps, ferait plusieurs fois le tour de la terre et d’abord qu’est-ce que c’est que l’électricité ?

Il y a en général trois manières de définir : par étymologie, par énumération, par théorie.

L’expérience de Wheeler – gomme quantique à choix retardé

L’électricité a emprunté son nom de la substance appelée par les Grecs électron, par les Latins succin, et par les Arabes carabé. Le succin ou ambre jaune est une résine fossile qui, comme toutes les résines, s’électrise par le frottement. Si le lecteur veut bien prendre, un bâton de cire à cacheter ordinaire et le frotter sur une étoffe quelconque en allant toujours dans le même sens, il verra que ce bâton ainsi électrisé attire fortement les fils ordinaires et les corps légers dont on l’approche. Cette propriété était comme dans l’école de Thalès cinq ou six siècles avant notre ère. C’est seulement dans le siècle dernier que l’on découvrit que l’action d’un corps électrisé pouvait être transmise au loin par un fil métallique convenablement supporté et isolé. L’expérience est de Gray et de Wheler.

Définir l’électricité par l’énumération de ses effets serait une tâche bien vaste aujourd’hui, où l’on a reconnu qu’il n’est à peu près aucun phénomène de la nature vivante ou inorganique, — dans l’atmosphère, sur la terre, sur les mers, — où son action ne vienne se mêler, sans compter les orages de foudre où l’électricité joue le principal rôle. Disons seulement, en ce qui se rapporte à notre sujet, que l’électricité, quelle que soit sa nature ou son origine, est susceptible d’être transmise à toute distance le long des fils métalliques, et qu’elle s’y propage avec une rapidité presque infinie.

Enfin, si nous voulons définir théoriquement l’électricité, nous concevrons cet agent comme un fluide excessivement léger, susceptible de se répandre, de couler pour ainsi dire le long des corps conducteurs, de manière à en atteindre instantanément les extrémités les plus éloignées par une espèce de courant, dont l’écoulement donne naissance à des actions mécaniques, physiques, physiologiques en traversant les différens corps. Au milieu du siècle dernier, la commotion nerveuse produite par l’appareil appelé bouteille de Leyde appela l’attention du public sur l’électricité agissant ainsi sur l’homme et sur les animaux, et la phrase se faire électriser indique encore l’effet de cette expérience sur l’homme. Plus tard. Franklin ayant soutiré l’électricité des nuages et inventé les paratonnerres, l’attention resta fixée sur cette branche importante de la physique.

Tout à la fin du dernier siècle, Volta, en empilant plusieurs disques de deux métaux différens, séparés par des disques non métalliques, mit au jour un appareil merveilleux, qui non-seulement produit de l’électricité, mais qui la renouvelle continuellement dès qu’elle s’est écoulée par un fil métallique. Voilà notre courant télégraphique : un appareil de Volta, une pile électrique, à Paris, étant armée à sa partie supérieure d’un fil de fer ou de cuivre qui va porter l’électricité, jusqu’à Marseille, produit un courant continu, allant de la première de ces villes à l’autre, en sorte que, si l’on avait un moyen de savoir quand le courant passe ou ne passe pas par le fil, on pourrait, en lançant ou arrêtant à Paris le courant électrique, faire des signaux à Marseille, ou même à une distance bien plus grande, et cela instantanément.

Or c’est précisément ce que nous pouvons faire au moyen de la découverte. d’OErsted, physicien danois, qui, en 1820, trouva que, quand on fait parcourir un fil métallique à un courant parti d’une pile de Volta, il annonce son passage en agitant une aiguille aimantée placée près du fil métallique et le long de celui-ci. Pour faire donc un signal de Paris à Marseille, nous aurons près de l’extrémité du fil, qui est dans cette dernière ville, une aiguille aimantée, et par les mouvemens qu’elle prendra quand nous enverrons le courant, nous aurons le signal de Paris. Pour faire de ces signaux un véritable alphabet, nous conviendrons que les lettres A, B, C, etc., seront représentées par un certain nombre de mouvements de l’aiguille à droite ou à gauche. Tel est le fondement et la manière de procéder du télégraphe dit télégraphe anglais parce qu’il est à peu près exclusivement employé de l’autre côté de la Manche. La première indication de ce télégraphe fut donnée par l’illustre Ampère, ainsi que nous le verrons tout à l’heure. Dans les premières années qui suivirent l’invention de la pile de Volta, Soemmering proposa de faire des signaux par la pile voltaïque en faisant agir chimiquement le courant à une grande distance sur des matières décomposables par l’électricité ; mais il était fort douteux que l’énergie chimique du courant fût capable de se transmettre efficacement à de grandes distances.

Origine de la télégraphie sans fil

LES PRODIGES DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL

On communique entre Paris et Casablanca
L’invention de la télégraphie sans fil, ainsi que nous le démontrons plus loin, est due à un savant français. Cependant, en ce qui concerne la pratique de la science nouvelle, notre pays demeura longtemps dans un état d’infériorité notoire vis-à-vis des pays étrangers.
Alors qu’en Angleterre, en Allemagne, en Russie et même jusqu’en Turquie, l’industrie privée était appelée à tenter des perfectionnements utiles en cette matière, chez nous on ne faisait rien ou presque rien.
Depuis quelque temps, on se décide à sortir de cette indifférence, et notre pays semble vouloir prendre, dans l’étude des résultats pratiques, la place qui lui revient. On s’est avisé, enfin, que Paris possédait, dans la tour Eiffel, le monument le plus parfait pour l’installation d’un poste récepteur. Les bâtiments de notre marine ont été pourvus de postes de télégraphie sans fil, et d’intéressantes expériences se sont poursuivies depuis tantôt un an. Elles ont abouti à ce résultat vraiment prodigieux d’assurer des communications entre la tour Eiffel et ceux de nos vaisseaux qui se trouvent en ce moment sur les côtes marocaines.
D’autres expériences se poursuivent en ce moment entre la tour Eiffel et plusieurs de nos vaisseaux qui mouillent sur divers points de la Méditerranée. La semaine dernière, le croiseur République a communiqué d’Ajaccio avec Paris. On correspond aujourd’hui, de part et d’autre, à une distance de 800 kilomètres de terres interposées ou de 1,500 kilomètres en mer.
Quand on songe que, il y a seulement vingt ans, le principe même de la télégraphie sans fil n’était pas encore connu, en ne peut se défendre d’une profonde admiration devant de tels prodiges accomplis.

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La communication à travers le temps (16)

QUATORZIÈME  PARTIE

la téléphonie ou télégraphie musicale.

Au système télégraphique imaginé par Claude Chappe, c’est-à-dire à l’emploi d’un vocabulaire secret, dont les mots sont traduits par des signaux extérieurs, on peut rattacher une invention qui a beaucoup occupé, de nos jours, l’attention publique, et que nous ferons connaître ici, pour compléter les notions générales relatives à la télégraphie. Nous voulons parler de la téléphonie ou télégraphie musicale, inventée par François Sudre.

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La communication à travers le temps (15)

TREIZIÈME  PARTIE

La télégraphie aérienne en France, sous Louis-Philippe.

  • — la télégraphie en Algérie.
  • — différents systèmes proposés pour perfectionner et remplacer le télégraphe de Chappe.
  • — naissance de la télégraphie électrique.
  • — la télégraphie aérienne termine glorieusement sa carrière dans la guerre de Crimée.

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La communication à travers le temps (11)

NEUVIÈME PARTIE

Création de la ligne télégraphique de paris à Strasbourg.

  • la télégraphie sous le directoire.
  • établissement de la ligne de paris à Brest.
  • la télégraphie sous le consulat et sous l’empire.
  • la loterie et le télégraphe.

Après avoir créé la ligne de Paris à Lille, le Comité de salut public décréta, le 12 vendémiaire an III, l’exécution de la ligne destinée à relier la capitale à nos frontières à l’est, c’est-à-dire à Landau (Bavière).

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La communication à travers le temps (10)

HUITIÈME PARTIE

la télégraphie aérienne est inaugurée, au sein de la convention, par l’annonce d’une victoire.

Le télégraphe de Paris à Lille était en état de fonctionner à la fin du mois d’août 1794 (fructidor an II). Les circonstances qui nécessitèrent l’envoi de la première dépêche à la Convention, ont inscrit une page des plus brillantes dans notre histoire nationale.

La ville de Condé venait d’être reprise sur les Autrichiens. Le jour même, c’est-à-dire le 1er septembre 1794, à midi, une dépêche s’élançait de la tour Sainte-Catherine à Lille, et volait, de station en station, comme sur l’aile des vents, jusqu’au dôme du Louvre de Paris. Elle y arrivait au moment où la Convention ouvrait sa séance.

Carnot monta à la tribune, et, tenant à la main un papier, il dit de sa voix vibrante :

« Citoyens, voici la nouvelle qui nous arrive à l’instant, par le télégraphe que vous avez fait établir de Paris à Lille :

« Condé est restitué à la République : la reddition a eu lieu ce matin à 6 heures. »

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La communication à travers le temps (9)

SEPTIÈME PARTIE

  • Comment fut établie sur le territoire de la république française la première ligne de télégraphie.
  • Création de la ligne de Paris à Lille.

Le Comité de salut public fut chargé par la Convention nationale, de diriger l’établissement des postes télégraphiques. Le 4 août 1793, ce Comité suprême décida, sous l’inspiration de Carnot, que deux lignes seraient créées d’urgence : la première partant de Lille, pour aboutir à Paris ; la seconde de Paris à Landau, ville de Bavière, alors au pouvoir de la France, et qui marquait la limite présente de ses frontières à l’Est.

L’idée qui présida à l’adoption de la télégraphie au sein de la Convention, et qui détermina le choix des deux lignes que nous venons d’indiquer, était donc toute militaire. On va comprendre ce qui décida à établir de préférence ces deux voies télégraphiques, aboutissant l’une à Lille, l’autre à Landau.

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La communication à travers le temps (2)

Le télégraphe de Claude Chappe

AVERTISSEMENT : le texte ci-dessous sur le télégraphe de Claude Chappe est Extrait de l’Internet, nous pouvons je pense, faire circuler le texte sur l’Internet puisqu’il y est, mais par contre, je pense qu’il est interdit de l’imprimer sans l’autorisation de la Source.

L’Histoire du télégraphe Chappe comprend 15 parties, certaines parties sont assez longues. Elles sont peut-être à lire à petites doses si vous les trouvez trop longue.

A l’intention des amis malvoyants ou non-voyants : vous pouvez copier et coller le texte sur le synthétiseur vocal suivant :  https://ttsreader.com/fr/ , et l’écouter tranquillement.

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La communication à travers le temps (1)

Avant l’arrivée du téléphone portable et d’Internet, que de chemin parcouru et de recherches par l’homme pour en arriver là. On peut présager que ce n’est pas fini.

Tout le monde ou presque connait l’Histoire dans l’antiquité du messager Grec qui a couru sur une longue distance, afin d’apporter la nouvelle de la victoire de l’armée à son souverain, pour mourir d’épuisement à ses pieds en lui remettant le message.

Le pigeon voyageur fut utilisé en 42 avant J.C., et oublié au moyen âge. L’idée d’y recourir pour transmettre un message fut reprise à la guerre de 1870, et lors du conflit mondial 1914/1918.

Jusqu’aux environs des années 1790, la communication sur une longue distance était réalisée par un cavalier ou une diligence.

C’est l’invention du télégraphe optique de Claude Chappe et qui fit faire en grand bond en rapidité et en longue distance pour les communications. Alors que la France était menacée à toutes ses frontières du nord au sud et de l’est à l’ouest, pour renverser la jeune République issue de la Révolution de 1789. A partir de 1794, différentes directions depuis Paris sont desservies par des informations ou dépêches acheminés grâce au télégraphe optique de Claude Chappe. Sans entrer dans la description complète de ce télégraphe qui serait ici trop longue, la communication est réalisée entre Paris et Strasbourg en 1794. Une tour surmontée du télégraphe avec ses panneaux de signalisations est hérissée tous les dix à 12 km. Les panneaux envoient des messages lus par la tour suivante par un opérateur muni d’une longue vue et retransmise depuis cette tour. Avec le télégraphe de Claude Chappe, une dépêche envoyée depuis Paris pour Strasbourg, mettait deux heures. Alors qu’auparavant avec les derniers moyens : diligence ou le cavalier, le temps d’acheminement d’une dépêche était de quatre jours.

C’était donc aussi une Révolution des Communications à l’époque.

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Yaesu FTdx101 en remote : Yaesu SCU-LAN10, CW et modes numériques

Un radioamateur ayant été déçu du fait qu’il ne puisse pas trafiquer en CW en remote avec son FTdx101, je pense que cette précision n’est pas inutile :

http://radioamateur.forumsactifs.com/t2326-yaesu-ftdx101-yaesu-scu-lan10-cw-et-modes-numeriques

=> Lisez les modes d’emploi avant d’acheter

Cordialement,
Ludovic Vuillermet – F5PBG
http://f5pbg.free.fr

La CW par F5LBD 2020-23

https://www.news.urc.asso.fr/wp-content/uploads/2017/11/F5LBD-CW.jpg

Mardi 26 mai a été donné le dernier cours CW fait par Michel F5LBD. Michel prend une retraite bien méritée. Donc cette semaine pas de publication. Depuis 2015, plus de 300 leçons sont disponibles et pourront toujours être téléchargées ou demandées sur DVD. La rubrique CW sera remplacée par une rubrique de QSO en anglais très prochainement. Apprendre le vocabulaire et écouter les phrases avec la bonne prononciation. Pouvoir tenir un QSO en anglais sans aucune prétention…

Merci Michel pour tout ce que tu as réalisé pour la CW et encore bravo

Le DVD des cours parus en 2015-2016-2017-2018-2019-2020 est disponible en boutique

 

La CW par F5LBD 2020-22

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Le DVD des cours parus en 2015-2016-2017-2018 est disponible en boutique

1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR203 mardi 26 mai 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :     Texte Français Anglais CW QRS VFE26 du 26 mai 2020

La CW par F5LBD 2020-21

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1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR202 mardi 19 mai 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :     Texte Français Anglais CW QRS VFE25 du 19 mai 2020

La CW par F5LBD 2020-20

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1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR201 mardi 12 mai 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :     Texte Français Anglais CW QRS VFE24 du 12 mai 2020

La CW par F5LBD 2020-18

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1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR199 mardi 28 avril 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :      Texte Français Anglais CW QRS VFE22 du 28 avril 2020

La CW par F5LBD 2020-17

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1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR198 21 avril 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :    Texte Français Anglais CW QRS VFE21 du 21 avril 2020

La CW par F5LBD 2020-16

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1ère partie

Cours 15 mots minute

Cours 18 mots minute

Correction :     Exercice lecture au son NR197 14 avril 2020

2ème partie

Texte 15 mots minute

Texte 18 mots minute

Correction :     Texte Français Anglais CW QRS VFE20 du 14 avril 2020

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