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TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (8)

En passant de l’Angleterre au continent, on trouve que le télégraphe électrique y est encore plus prisé qu’au-delà de la Manche, parce que sa rapidité contraste encore plus avec la lenteur comparative de la poste et des moyens de voyager en Europe, quand on les met en parallèle avec ceux d’Angleterre. Les voitures et les trains de wagons peuvent différer entre eux de vitesse suivant la contrée ; mais la vitesse de l’électricité est la même partout, et, comme la lumière, elle est capable de faire le tour de la terre eu une très petite fraction de seconde.

En France, le gouvernement est à la tête des lignes télégraphiques. Le bureau central du ministère de l’intérieur et celui qui est établi près de la Bourse, correspondent avec les embarcadères de tous les chemins de fer. Ainsi que nous l’avons dit, Paris est déjà en communication électrique avec Dieppe, Calais, le Havre, Nantes, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille et Strasbourg. cette dernière ligne a permis de relier Paris à l’Allemagne et à l’Italie sans passer, comme autrefois, par la Belgique, la Prusse et l’Autriche ; c’est par Bade que se fait la jonction, et à la direction de Strasbourg un télégraphe badois figure à côté du télégraphe français, de même qu’un poste de télégraphie française est placé à Londres dans l’office du Strand, pour le service de la France. M. Sagansan, géographe, à l’administration des postes, vient de publier un petit livret très utile, accompagné d’une carte tenue au courant de toutes les extensions télégraphiques en France et en Europe. Avec ce guide, qui se vend quelques décimes, on a le tableau exact de toute la télégraphie électrique européenne. On racontait dernièrement qu’une dame anglaise était désespérée, parce qu’en allant faire une visite elle avait appris qu’on avait écrit à Florence pour louer dans les environs une villa, un casino, un palazzo qu’elle désirait habiter cet été. Le mari, désespéré du désespoir de sa femme, pense au télégraphe électrique ; il écrit par cette voie à Florence ; il rapporte la nouvelle que la maison de campagne est louée à lui pour la saison prochaine, et que la convention signée va lui être expédiée par une lettre qui ne peut voyager sur les fils électriques. Un auditeur nie le fait, prétendant que le télégraphe électrique ne va pas jusqu’à Florence. Que faire quand on nie un fait ? Se taire ; mais si ce contradicteur lit ces lignes, il pourra prendre le guide de M. Sagansan, et il verra qu’en ajoutant 33 francs 33 centimes au prix d’une dépêche expédiée jusqu’à la frontière belge, ou bien 21 francs 83 cent. au prix de la dépêche de Paris à Strasbourg, il pourra envoyer à Florence par ces deux voies la dépêche ordinaire de vingt mots, et retenir tous les hôtels et toutes les maisons de campagne de Florence et des environs.

Jusqu’à 1840, la Belgique n’avait presque rien fait pour la télégraphie électrique. Une commission, ayant à sa tête l’astronome royal M. Quételet, examina la question et se prononça pour les fils portés par des poteaux, et non point pour le système souterrain de la Prusse et d’une partie de l’Allemagne. Les chemins de fer belges ont depuis lors établi des télégraphes électriques sur tout leur parcours, et avant la jonction récente de Strasbourg et de Bade par Kehl, Paris correspondait avec Berlin, Vienne et Venise, par la voie de la Belgique.

Dans la Hollande et dans le nord de l’Europe continentale, les télégraphes électriques ainsi que les chemins de fer n’ont pas fait de grands progrès ; mais le besoin s’en fait sentir plus impérieusement de mois en mois et presque de jour en jour.

Dans l’Allemagne et dans l’Europe centrale, il y a des télégraphes électriques sur tous les chemins de fer dont l’importance n’est pas minime. Ces routes et ces télégraphes traversent tous ces petits états si divisés, sans s’occuper de la délimitation des territoires. L’Autriche seule possède 5 ou 6,000 kilomètres de fils télégraphiques. L’Allemagne sans l’Autriche en a autant. Une grande partie est placée sous le sol et recouverte de gutta-percha ; mais il semble y avoir une tendance à revenir au système des poteaux, adopté originairement par Wheatstone et Cooke en Angleterre. La perte de force du courant transmis semble par là notablement diminuée.

Les états les moins commerçans du midi de l’Europe sont activement occupés à compléter leurs communications télégraphiques. La dépense est si excessivement petite, comparée à celle de l’établissement des voies ferrées, qu’il est probable que bientôt la longueur des fils électriques excédera de beaucoup celle des chemins de fer. Pétersbourg et Moscou sont ou vont être incessamment reliés non-seulement l’un à l’autre, mais encore avec les ports de la Baltique et de la Mer-Noire. Pétersbourg est déjà en communication avec Vienne par Varsovie et Cracovie. La Turquie elle-même, si dénuée de tout chemin de fer, étudie le plan d’un réseau télégraphique. L’Italie, a déjà plusieurs centaines de kilomètres de télégraphes. La Suisse vient de compléter plusieurs lignes, et l’Espagne entre à son tour dans la voie de la télégraphie électrique. Il n’est pas facile de présumer quel nombre de kilomètres seront en activité à la fin de 1853.

En Piémont, l’établissement du télégraphe électrique a donné lieu à de curieuses constructions. Le chemin de fer de Turin à Gênes est complet depuis Turin jusqu’à Arquata, et le télégraphe électrique suit la voie de fer ; mais de cette dernière station jusqu’à Gênes les travaux sont si dispendieux, que l’on sera peut-être longtemps encore à compléter cette route. Le télégraphe a franchi hardiment tous ces obstacles. Les fils ont été tendus de montagne en montagne, au travers de ravins d’une immense profondeur, et supportés par des poteaux distans d’un kilomètre et plus. D’autres fois ces fils s’enfoncent sous terre, quand le niveau de la contrée s’élève. L’habile ingénieur italien M. Bonelli a eu le bonheur d’exécuter ces travaux qui surpassent tout ce qui a été fait en Angleterre.

Une des annonces qui a le plus intéressé le public anglais a été la détermination prise par la compagnie des Indes Orientales d’introduire la télégraphie électrique dans ses vastes possessions territoriales d’Asie. L’importance des communications électriques est immense dans un pays dont les routes sont si mauvaises et dont les rivières sont si peu navigables. MM. Morewood et Rogers sont occupés à galvaniser plusieurs milliers de tonnes de fil de fer destiné à relier entre elles les principales cités de l’Inde britannique. Les fils seront supportés par des bambous vissés dans le sol.Passons maintenant l’Atlantique.

La première ligne de télégraphe américain fut construite en 18 44 ; elle allait de Washington à Baltimore, une distance de 65 kilomètres. Le congrès alloua 150,000 francs pour la dépense de l’entreprise. En 1848, un système gigantesque unissait déjà Albany, New-York, Boston, Québec, Montréal, Toronto, et de là descendait vers la Nouvelle-Orléans, au travers de la Virginie ! Cincinnati, Saint-Louis et les lacs du Canada sont reliés à New-York et à Boston par des lignes multiples et entrecroisées, dont quelques-unes ont été poussées jusqu’à Halifax, près du banc de Terre-Neuve. Enfin, en 1852, des fils électriques ont été posés sur une immense étendue, principalement dans les vastes états du centre qui avoisinent le Mississipi et le Missouri, au-delà des contrées qu’arrose l’Ohio.

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