Pour un radioamateurisme authentique et moderne

TELEGRAPHIE ELECTRIQUE (5)

Pilot House Telegraph

Il y a un grand nombre de systèmes brevetés en Angleterre, en Allemagne et en Amérique, qui offrent des analogies avec ceux de Bain et de Morse. Dans le système de House, 150 ou 200 lettres peuvent être imprimées, dit-on, en une minute. Telle est aussi la rapidité étonnante avec laquelle nos employés télégraphiques exercés transmettent et lisent les signaux de Paris à Marseille. Cette rapidité, — a peu près égale à celle des indications d’un sourd-muet qui, promenant une pointe sur un alphabet écrit circulairement, indiquerait à un sien confrère les lettres qui doivent composer un discours, — dépasse de beaucoup l’aptitude ordinaire de rapide conception d’un témoin quelconque, et notamment la mienne.

On affirme que le système dit House peut transmettre plus de lettres par minute qu’aucun autre système ; mais il y a ici, comme pour la méthode accélérée de Bain, qui dépose sur un papier chimique un millier de lettres par minute, une circonstance grave à mentionner : c’est le temps qu’il faut pour préparer la dépêche, ce qui établit une compensation, Je ne puis m’empêcher de remarquer que l’essai fait en France du système de Bain, essai fait par lui-même sur la ligne de Paris à Tours, n’a pas été heureux. Dans le travail ordinaire, on transmet en Amérique 70 à 100 lettres par minute, à peu près comme en France, quoique avec un peu moins de sûreté, parce que les dépêches en chiffres diplomatiques n’admettent pas l’utile contrôle de l’intelligence du lecteur télégraphique. Dans un jour seul de l’été de 1852, la ligne de Bain transmit de Boston à New-York 500 messages, formant plus de 5,000 mots, de nouvelles politiques et commerciales.

Voici maintenant la partie industrielle du système télégraphique.

En Angleterre comme en France, il y a le long des chemins de fer des fils exclusivement réservés au service du rail-way. Les propriétaires du chemin paient un droit à la compagnie électrique. Un très petit nombre de fils est réservé à l’usage exclusif du gouvernement ; mais le plus grand nombre des fils est au service du public pour les besoins du commerce. Pour ceux-ci, c’est la compagnie du télégraphe qui paie à la compagnie du chemin de fer un droit pour l’usage qu’elle fait de la voie et des stations. Les compagnies des chemins de fer transmettent un nombre infini d’ordres sur la ligne ; le gouvernement en transmet de même aux arsenaux, aux ports et aux chantiers de construction ; enfin le public fait de ces fils un moyen de communications privées dont l’étendue et le nombre augmentent tous les jours.

Ainsi donc la société et le commerce usent des avantages du télégraphe électrique, dont l’importance n’est plus une question. Les marchands et les capitalistes envoient leurs instructions aux fabricans de province ; ceux-ci réciproquement font connaître le progrès de leurs travaux. Les propriétaires de vaisseaux et les bureaux d’affaires maritimes correspondent avec tous les ports. Les avocats et hommes de loi s’entretiennent avec leurs cliens et avec les témoins. Les commis-voyageurs tiennent leurs patrons au courant de leur gestion. Des sommes d’argent sont expédiées sans papier, sans note et sans billets. Les médecins consultent entre eux et sont consultés par leurs malades. La police transmet des ordres pour l’arrestation des malfaiteurs. Les résultats des élections, des courses de chevaux, des assemblées politiques » et généralement de tout ce qui fixe l’attention publique, sont connus tout de suite. L’état du temps qu’il fait en chaque endroit est instantanément transmis aux intéressés, des familles entières se rendent, chacune de son côté, aux deux extrémités de la ligue électrique qui les sépare, et s’entretiennent de leurs affaires domestiques, des ventes importantes se font, des transactions sont proposées ; en un mot, il est difficile d’imaginer des limites à l’emploi utile du télégraphe électrique[2]. Les correspondans qui n’ont point de chiffres condensent leur message autant que possible, car la compagnie anglaise (actuellement du moins) perçoit 3 fr. pour la transmission de vingt mots, si la distance n’excède pas 100 milles anglais (161 kilomètres), et le double pour des distances supérieures. Celui qui veut écrire remplit un papier blanc fourni par l’administration ; un employé compte les mots, touche le prix, donne un reçu et porte le papier à la machine qui le transmet immédiatement. Si le correspondant ne se trouve pas au bureau où la dépêche est envoyée, il y a des facteurs qui la portent à son adresse. Le prix de leur service est en sus du prix d’envoi. Dans plusieurs des districts manufacturiers, le prix de la course du facteur n’est que de 1 franc 25 cent ; mais ce sont alors de petites distances.

La compagnie anglaise se propose, dit-on, d’établir un télégraphe franc, c’est-à-dire qui n’aura pas besoin de l’affranchissement forcé actuel. Le prix de réception sera alors de 5 shillings (6 francs 25 cent.) ; alors chacun fera son courrier chez soi et l’enverra comme par la poste ordinaire, mais avec la rapidité de l’éclair.

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